Alors que la Journée Mondiale des Missions fête ses 100 ans ce dimanche, nous pourrions nous questionner : les missions ne sont-elles pas d'un autre temps, à ranger au grenier à côté d'un vieux casque colonial et d'un album noir et blanc de Tintin au Congo ? Qu'avons-nous besoin de proposer encore notre foi ? Tout le monde n'est-il pas sauvé de toute manière ?
Pourtant, l'appel du Christ continue à résonner : "Allez, enseignez toutes les nations, baptisez-les au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit". Si la sagesse du Christ est pour moi la plus belle et la plus vraie (en même temps que la plus folle), je ne peux pas la garder pour moi. Si la relation avec Dieu est pour moi vitale, je ne peux pas en priver mon prochain. Tant de personnes autour de nous ont froid et cherchent la source de la chaleur... Tant sont dans l'obscurité et attendent la lumière pour trouver le chemin... C'est vrai, le Christ a sauvé les hommes une fois pour toutes. De même, il veut nous sauver aujourd'hui, et c'est lui qui nous sauvera au dernier jour. Mais ce salut, comment l'accueillons-nous ? Et comment voulons-nous le partager ?
"Dieu veut que tous les hommes soient sauvés, et parviennent à la connaissance de la vérité", assure saint Paul à Timothée. "Dieu le veut" : cela fait partie de lui-même, de son projet de bonheur, c'est un débordement de son amour. Cela veut dire aussi que la réalisation de notre bonheur, l'épanouissement de notre amour passe par là. Il n'est pas nécessaire de partir au loin. Sourire à mon voisin, écouter un ami qui souffre, dire une parole bonne à un esprit chagrin, répondre à un enfant rebelle par une question constructive, et les garder dans la prière, c'est déjà la mission. Déposer une prière ou un guide paroissial dans les boîtes aux lettres, inviter à une messe festive ou un parcours, ouvrir sa table à l'inconnu pour découvrir ce qu'il cherche au plus profond, c'est encore la mission. Témoigner auprès des enfants, des jeunes, des parents, servir les pauvres et les malades au nom du Seigneur, la voilà toujours, elle qui a fait la joie des plus grandes âmes, de François-Xavier à Thérèse de Lisieux. Cette joie n'est pas réservée à quelques saints. Elle peut devenir la nôtre. Dans notre vie, nos familles, notre communauté, la joie de la rencontre demande à se répandre. Qu'en ferons-nous ?
Père Guillaume Leclerc.

