Qelle réponse peut-on donner, face à la maladie ? Alors qu'il était en train de mourir d'un cancer, le cardinal Veuillot , archevêque de Paris (+ 1968), disait : « Nous savons faire de belles phrases sur la souffrance. Moi-même j'en ai parlé avec chaleur. Dites aux prêtres de n'en rien dire : nous ignorons ce qu'elle est et j'en ai pleuré. »
Quand la maladie survient, nous ne pouvons plus nous regarder comme avant. Jusqu'ici sous contrôle, notre corps ne répond plus aux commandes. Notre intelligence et nos émotions ne sont plus si faciles à mobiliser, elles nous échappent. Nos projets s'évaporent. Où allons-nous ? À quelle vitesse ? Les mots des Psaumes résonnent alors autrement : « J'enfonce dans la vase du gouffre, rien qui me retienne ; je descends dans l'abîme des eaux, le flot m'engloutit. Je m'épuise à crier, ma gorge brûle. Mes yeux se sont usés d'attendre » (Ps 68).
Ce sont aussi les autres qui nous échappent. Certains se montrent très proches, mais (bien souvent) ils n'ont pas fait l'expérience que nous faisons. Beaucoup d'autres se taisent, par pudeur, par embarras, parfois par peur. Quant au malade, il balance entre le besoin de mettre des mots sur ce qu'il vit et le souci de ne pas gêner. Nous voilà mis à part. « Amis et compagnons se tiennent à distance, et mes proches, à l’écart de mon mal », témoigne ainsi le Psaume 37.
Notre regard sur Dieu change aussi. Où est-il ? Pourquoi permet-il cela ? L'épreuve peut provoquer de la révolte contre le mal (ce qui est tout à fait légitime), mais aussi contre Dieu (ce qui est une tentation attisée par l'esprit mauvais). Surtout, elle peut renouveler notre amitié avec le Seigneur. Nous pouvons crier vers lui : « Seigneur : c'est l'heure de ta grâce ; dans ton grand amour, Dieu, réponds-moi, par ta vérité sauve-moi. Tire-moi de la boue, sinon je m'enfonce ! » Nous l'entendrons alors nous dire d'une manière nouvelle : « Je suis toujours avec toi. » Alors une expérience de résurrection sera possible : « Où donc aller, loin de ton souffle ? Où m'enfuir, loin de ta face ? Je gravis les cieux : tu es là ; je descends chez les morts : te voici » (Ps 138).
Père Guillaume Leclerc.
Ce dimanche 8 février, 12 fidèles de nos communautés paroissiales d'Antony ont demandé l'onction des malades, pour recevoir l'aide concrète de Dieu dans leur corps et leur âme. Leur combat est aussi le nôtre. Portons-les dans la prière, avec tous ceux qui affrontent la maladie.





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