Pourquoi donc demander l’Esprit Saint ? N’est-il pas donné au Baptême, au moins en germe, pour nous aider à traverser toutes les épreuves avec Dieu et à être vainqueurs du mal par le bien ? N’est-il pas répandu à la Confirmation, pour nous combler de ses dons et nous permettre d’aimer en plénitude ? Et avant tout cela, ne souffle-t-il pas où il veut, préparant les chemins du Seigneur dans la vie de chacun, croyant ou mécréant ?
C’est certain, l’Esprit Saint agit, même quand nous ne savons pas d’où il vient ni où il va. Mais comment le laissons-nous agir ? Voilà la vraie question. Comment lui permettons-nous de nous remplir ? Si nous sommes absolument pleins de nous-mêmes, de nos préoccupations et de nos convoitises, il n’y aura pas de place pour cet hôte mystérieux. En ce temps de Pâques où nous avançons vers la Pentecôte, c’est le moment de reconnaître nos trop-pleins. Qu’est-ce qui est bouché, encombré dans notre vie ? Qu’est-ce qui est verrouillé ? Qu’est-ce me rend si peu capable d’accueillir le Don par excellence du Très-Haut ?
« Toute vallée sera comblée », dit le prophète Isaïe. Plus je me viderai de moi-même, et mieux je serai comblé. Mieux aussi je serai surpris. C’est l’expérience qui a été faite par Marie, « humble et douce vallée » (selon les mots de la Petite Thérèse) qui a tout accueilli dans la pure simplicité. C’est l’expérience que les Apôtres ont pu faire à la Pentecôte et qui les a libérés, eux qui étaient encore si timorés, si bloqués au soir de Pâques et les jours d’après. C’est celle que nous pouvons faire à notre tour, si nous nous laissons creuser pour recevoir l’Eau Vive, la Flamme qui brûle toujours sans jamais détruire, la Force pour témoigner. Demandons, pour mieux recevoir le Don parfait.
Père Guillaume Leclerc.









