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Nouvelle traduction du Missel Romain, comprendre les rites

LA LITURGIE

publié le 3/12/2021

L’œuvre de Dieu est de rassembler un peuple saint qui lui appartienne. Bien que chacun soit venu librement, l’assemblée liturgique est d’abord une œuvre de Dieu qui appelle et rassemble. De même que Dieu avait fait d’une masse d’esclaves en Égypte un peuple unifié par lui, appelé à le servir pour vivre l’Alliance, de même Dieu rassemble aujourd’hui Ses fidèles pour le service de la liturgie, qui est l’œuvre commune en laquelle se rencontrent Dieu et Son Peuple, pour vivre pleinement l’Alliance. Cette Alliance mille fois rompue dans l’histoire faisait désirer au petit reste de fidèles en Israël, une Alliance Nouvelle et définitive qui ne serait jamais rompue, une Alliance capable de rassembler de manière stable le Peuple de Dieu. C’est Jésus qui, se livrant sur la Croix, offre au Père en faveur des hommes l’œuvre d’Amour qui unit de manière indépassable Dieu et les hommes. Jésus a laissé à Son Église le mémorial de Son sacrifice, comme source et expression d’unité de ce peuple avec Dieu. L’eucharistie est l’acte essentiel qui unit le peuple avec son Dieu. Elle nous fait participer au présent, à l’acte d’offrande de Jésus qui nous unit à Son Père. Laissons-nous chaque dimanche rassembler par Dieu, pour devenir davantage ce que nous sommes, le Peuple de Dieu qui célèbre et vit l’Alliance à travers la liturgie.

LA LOI DE LA PRIÈRE publié le 10/12/2021

La prière liturgique - sa forme, son contenu, ses modes d’expression, son moment – est pour nous une maîtresse qui nous enseigne non seulement comme nous pouvons et devons prier (ensemble et seul) mais aussi ce que nous devons croire. Un adage très antique dit en effet « lex orandi, lex credendi » (la loi de la prière est la règle de la foi). Pour prendre deux exemples simples : nous prions « Au Nom (unique) du Père et du Fils et du Saint-Esprit » et non « Au nom du Père et au nom du Fils et au nom du Saint-Esprit ». Il n’y a qu’un seul Dieu au Nom duquel nous prions. De même saint Augustin remarquait : le fait que l’Église depuis l’origine baptise des petits enfants pour le pardon des péchés indique, en l’absence de péchés personnels de leur part, que leur est remis le péché originel. La pratique dit quelque chose de la foi. Soyons donc attentifs aux gestes, paroles, et expression à la messe pour mieux comprendre et vivre fidèlement notre foi.

RITES D'ENTRÉE - 1
Orientation, chant et procession
publié le 17/12/2021


La messe commence. Le peuple est rassemblé et entonne un premier chant. Pendant ce temps, les servants et le prêtre entrent en procession derrière la croix. Ces simples faits recèlent déjà une profonde signification. L’assemblée qui chante n’est pas un simple club d’amis qui se réunissent entre eux partageant la même passion. C’est un peuple en marche. Le chant unifie les cœurs dans la marche et la rend plus légère au milieu des fatigues de ce monde. La procession de quelques-uns au nom de tous, est là pour rappeler que notre vie est une marche. Certaines de nos liturgies (présentation de Jésus au temple, dimanche des rameaux, ou vigile pascale) font d’ailleurs processionner toute l’assemblée. Notre marche n’est par ailleurs pas hasardeuse et sans direction. Elle est orientée, tournée dans une direction particulière : vers l’est, vers le soleil levant, vers Celui, le Christ, qui pour toujours s’est relevé des morts, a vaincu ses ténèbres, et dont la venue définitive est le terme de notre histoire. Dans nos églises, lorsque l’orientation géographique n’est pas possible, elle est signifiée par la présence de la Croix. Nous sommes tous tournés vers la Croix (derrière l’autel), vers Celui qui est le vrai Orient. Ainsi, notre vie n’avance pas seulement parce que le temps file ; notre histoire ne prend pas seulement la direction que lui imposent les puissances visibles de ce monde. À la messe, rassemblés, tournés dans la même direction, nous comprenons que notre vie est une marche qui nous prépare à la rencontre de Celui qui vient, qui conduit et achèvera l’histoire.


RITES D'ENTRÉE - 2
Orientation, prêtre et assemblée
publié le 31/12/2021

Pendant que l’assemblée chante, le prêtre entre dans l’église en procession. Il n’est pas l’animateur charismatique d’un temps de prière que nous passerions entre nous et que nous attendions pour commencer la messe. En réalité, par le sacrement qu’il a reçu, le prêtre est durant la messe, dans le même temps, la figure de l’Église qui marche et se porte à la rencontre du Christ, et la figure du Christ qui vient au-devant de Son peuple, et qui se tient déjà au milieu de nous. Dans la liturgie, tantôt, au nom de l’Église, il se tournera vers Dieu et priera au nom de tous, tantôt, il se tournera vers le peuple et tiendra en personne, la place du Christ qui parle, qui se donne, qui bénit et envoie. À la messe, ne manquons donc plus ce commencement qui donne sens à toute la liturgie. Cessons de penser que nous pouvons nous introduire en cours de route pour vivre notre messe. Notre absence est un manque… notre présence, une nécessité et une bénédiction. Pour marcher vers l’Orient, pour rencontrer Celui qui visite Son peuple, il faut ainsi apprendre à marcher avec le peuple de Dieu, au risque sinon, si l’on choisit de marcher seulement à son rythme et selon sa seule sensibilité, de tourner en rond dans le désert.


RITES D'ENTRÉE - 3
Embrasser l'autel
publié le 14/01/2022

La procession d’entrée aboutit au pied du chœur, au sommet duquel se trouve l’autel. Les ministres s’apprêtent à entrer dans l’espace sacré, lieu depuis lequel la Parole vivante de Dieu va être proclamée et lieu surtout où le sacrifice du Christ sur la croix va être rendu présent pour notre salut. L’autel est littéralement « le lieu haut » qui touche le Ciel et que le Ciel touche, c’est le lieu du contact avec Dieu, où tout ce qui y est offert passe dans le domaine du sacré, passe en Dieu. L’autel participe à la sainteté de Dieu. Il a d’ailleurs été consacré par l’évêque pour cela. De même que Jésus a parlé de Son corps comme le nouveau temple où réside Dieu, de même pour nous chrétien, l’Autel véritable, c’est le Christ, qui nous fait toucher Dieu et qui est la présence même de Dieu qui nous rejoint. C’est uni à son offrande que tout ce que nous offrons (nos vies en particulier) peut devenir saint et passer en Dieu. L’autel de l’église est donc le signe de la présence permanente du Seigneur qui s’offre et nous fait passer en Dieu. Il exige des ministres de la liturgie et de tout le peuple un respect aimant, une vénération qui se manifeste par une inclination quand nous passons devant lui. À la messe, à cette inclination, s’ajoute par deux fois un baiser du prêtre, qui dans la liturgie s’apprête lui-aussi à se donner avec le Christ et en Sa personne, en disant « ceci est mon corps ». Ce baiser est un signe d’union au Christ dans l’offrande et d’adoration (littéralement : adorer signifie porter la bouche, donner un baiser en signe de respect). À la messe avec le prêtre, comme dans toute notre vie chrétienne, puissions-nous vivre l’adoration : un profond respect plein de tendresse pour le Christ qui nous unit à Dieu.


RITES D'ENTRÉE - 4
Le signe de la Croix
publié le 21/01/2022

Le premier geste posé par l’assemblée réunie est le signe de la croix. Déjà en entrant dans l’église, chacun n’aura pas manqué de se marquer de ce même signe avec l’eau bénite tout en allant saluer le Seigneur présent au tabernacle. Ce signe de la croix répété tout au long de la liturgie lui est essentiel. La croix n’est pas simplement pour nous instrument du supplice du Christ, il est le signe de l’amour parfait, concret et victorieux de Dieu. En ce signe, inséparable du mystère de la résurrection, nous nous laissons rejoindre par le réalisme de l’Amour de Dieu qui ne cesse de nous sauver. Ce simple geste résume ainsi tout le mystère de notre salut, puisque nous confessons en même temps la Trinité, et l’incarnation de Dieu qui meurt pour nous. La croix est le lieu aussi de l’abandon total de Jésus à Son Père. La croix tracée lentement, avec dignité sur notre corps devient la clef qui ouvre nos cœurs à l’intimité avec Dieu. Réapprenons à vivre ce geste avec foi et réinvestissons-le par notre présence à ce Dieu qui nous sauve aujourd’hui.


RITES D'ENTRÉE - 5
« Le Seigneur soit avec vous »
publié le 28/01/2022

Les premiers mots que le prêtre nous adresse, et qu’il répétera quatre fois durant la messe(au début de la messe, avant la lecture de l’évangile, au début de la préface eucharistique, avant la bénédiction finale et l’envoi), sont riches pour nous d’une grande signification. Nous découvrons que notre Seigneur se rend présent à nous par l’assemblée, dans Sa Parole qu’Il lui adresse, dans les dons sanctifiés où Il se livre à elle, demeurant avec elle-même lorsqu’elle part, envoyée en mission. Le terme « Seigneur » désigne le Christ ressuscité. Il a promis à ses disciples Sa présence chaque jour, et le prêtre commence la messe en nous rappelant celle-ci. C’est bien parce qu’Il est là, avec Son Esprit, que notre prière liturgique a l’assurance de monter à coup sûr vers le Père. Le « vous » désigne toute l’assemblée. Elle est déjà une invitation pour chacun à faire entrer sa prière personnelle dans la prière de toute l’Église. « Moi » dans ce « vous », dans la communion intérieure et extérieure avec les membres de Son Corps, je peux prier dans la présence du Seigneur. Cette adresse faite par le prêtre est le plus beau souhait que l’on puisse faire à des chrétiens. Tout au long de l’histoire du salut, le peuple de Dieu reçoit cette garantie. Tous ceux que le Seigneur envoie en mission reçoivent cette promesse. Marie est saluée par Gabriel par ces mots : « le Seigneur est avec toi ». Enfin Dieu lui-même dans l’Apocalypse est désigné ainsi : « Voici la demeure de Dieu avec les hommes. Il aura sa demeure avec eux ; ils seront Son Peuple, et lui, Dieu-avec-eux, sera leur Dieu ». Qu’à chaque fois que nous entendons ce vœu, notre cœur se remplisse de joie ! La joie à la messe commence ici.


RITES D'ENTRÉE - 6
« Et avec votre esprit»
publié le 4/02/2022

Le prêtre a souhaité à l’assemblée de se tenir dans la présence du Ressuscité et en retour l’assemblée répond ‘et avec votre esprit’. Cette formulation est directement inspirée de la Bible, notamment des Lettres de saint Paul qui sont clôturées de cette manière (Ga 6,18) : « Que la grâce de notre Seigneur Jésus Christ soit avec votre esprit. »

Cette réponse apportée à la salutation du prêtre nous rappelle que l’expérience que nous vivons à la messe n’est pas un simple repas, mais un banquet céleste avec une dimension spirituelle profonde. Répondre ‘et avec votre esprit’ est une manière de reconnaître le don spécifique de l’Esprit Saint conféré par l’ordination aux évêques et prêtres ‘mis à part’ comme pasteurs pour accomplir notamment le service liturgique. C’est un acte de foi de l’assemblée qui reconnait que l’Esprit Saint agit au travers du prêtre au cours de la liturgie et l’habilite à mettre ainsi les autres en communication avec Dieu. En parlant de ‘votre esprit’, nous faisons référence à l’‘esprit’ du prêtre, qui bibliquement est la partie supérieure de tout homme où il peut accueillir l’Esprit de Dieu. Il s’agit du ‘lieu’ où le prêtre a reçu cet Esprit qui le rend apte à offrir le sacrifice de la messe. Et puisque c’est Dieu qui agit au travers du prêtre qui célèbre la messe, nous reconnaissons que c’est le Christ lui-même qui est à la tête de l’assemblée réunie en Son nom, et que l’Esprit saint est l’acteur premier de la liturgie, quel que soit le célébrant.

« S’il n’y avait pas d’Esprit Saint, disait saint Jean Chrysostome, il n’y aurait pas de pasteurs. » « C’est l’Esprit Saint qui vous a établis comme pasteur. » (Ac 20,28) lit-on dans les Actes des Apôtres. Rien ne relève de l’initiative propre du prêtre : tout vient de l’Esprit qui lui a été donné.


RITES D'ENTRÉE - 7
Je confesse à Dieu - Confiteor
publié le 11/02/2022

D’après le dialogue que nous venons de vivre avec le prêtre, nous reconnaissons que nous sommes en présence du Ressuscité. Lors de ses premières prédications après la résurrection, Pierre nous dit que le premier fruit de cette résurrection est le pardon des péchés (Ac 10,43). Au cœur de la nouvelle alliance, vient Celui qui nous apporte ce cœur nouveau dont parle le prophète (Ez 36). Jésus vient comme celui qui offre le pardon des péchés et réconcilie avec Dieu. Nous venons d’accueillir la grâce de Jésus-Christ, l’amour du Père et la paix qui vient de Dieu et cela nous a ouvert de nouveau à sa bonté, et sur le fond de cette bonté reconnue, nous pouvons confesser notre péché. Notre péché, refus de Dieu, plus ou moins grave, nous rend inapte à la célébration de l’Alliance qu’est la liturgie. La liturgie dans laquelle Dieu et Son peuple célèbrent et scellent cette alliance ne peut se dérouler sans une réconciliation préalable. La rencontre avec Dieu et la communion avec lui, l’accueil et l’ouverture à son œuvre exige une purification de notre part. Pour profiter du sacrifice eucharistique qui nous sauve, il importe au préalable que nous reconnaissions que nous avons besoin de ce salut. Dans le « je confesse à Dieu », le prêtre et les fidèles ensemble se reconnaissent pécheur devant Dieu et toute l’Église – celle des saints et des frères présents. Toutes les principales modalités du péché y sont précisées : la dernière, par omission n’étant pas la moins importante : manquer volontairement la messe du dimanche comme ne pas prêter aide ou assistance à qui a besoin de notre attention constituent des fautes graves par omission. Ce n’est pas seulement d’un état de pécheur mais bien de péchés commis dont il est question. Prier devant les autres et nous en remettre à Dieu appuyés sur leur prière (la nouvelle traduction du confiteor insiste sur ce point) nous fait expérimenter, que si nous sommes solidaires dans le péché, nous le sommes aussi dans la sainteté : c’est cela la communion des saints. Le pardon ici est reçu par chacun à la mesure de ses dispositions intérieures d’amour, de contrition et de foi. La foi de toute l’Église, à l’œuvre à cet instant, nous aide à entrer dans ces dispositions et à accueillir le pardon de Dieu.


RITES D'ENTRÉE - 8
Gloire à Dieu - Gloria
publié le 18/02/2022

Après le rite pénitentiel, toute l’assemblée entonne d’un seul cœur le chant du Gloire à Dieu. Apparue dans la liturgie au IVème siècle, d’abord pour la seule messe de Noël puis progressivement pour tous les dimanches, toutes les fêtes et solennités, cette hymne est toute tissée de la Parole de Dieu – Jn 1,29 ; Ps 109,1 ; Ac 2,33-36… – (comme d’autres hymnes telle le magnificat de Marie par exemple) et reprend en particulier le chant des anges célébrant la naissance du sauveur dans la nuit de Noël. Elle se développe de manière trinitaire : on chante successivement le « Seigneur Dieu, Roi du Ciel, Dieu le Père tout-puissant », puis le « Seigneur, Fils unique, Jésus-Christ », « avec le Saint-Esprit ». Venue du Père, la Gloire qui est un des noms de la vie divine déborde et se communique au Fils qui est le resplendissement de la gloire du Père (He 1,3) par l’Esprit-Saint que saint Pierre appelle « l’Esprit de Gloire » (1 P 4,14). L’assemblée, au cours de la liturgie, reçoit la communication de la Gloire du Père (de Sa Présence, de Sa Vie, de Sa Sainteté) par Jésus dans l’Esprit. En recevant, l’Esprit des fils, l’assemblée rend gloire et célèbre la gloire de Dieu tout au long de la messe, dès cette hymne et plus tard dans le chant du sanctus et lors de la doxologie (Par lui, avec Lui et en Lui..). Participer à la Gloire de Dieu, célébrer cette gloire qui se manifeste dans notre vie, rendre gloire à Dieu à travers toute notre vie – une vie vécue selon Sa Volonté et comme réponse à Son Amour –, tel est le sens de la vie chrétienne. Le chant du Gloria nous plonge dans cette vérité et nous prépare à participer à l’œuvre de Dieu à la messe qui rend possible que nous le vivions.

RITES D'ENTRÉE - 9 
La collecte -1ère partie- publié le 02/03/2022
 
Après le Gloria, le prêtre invite l’assemblée à la prière par ces mots : « prions le Seigneur ». S’en suit un temps de silence, que chacun peut habiter personnellement en présentant à Dieu sa prière, prière unique et irremplaçable issue de tout ce qui a été vécu depuis le dernier dimanche. La richesse de toutes ces prières est recueillie en une seule prière appelée « collecte » que le prêtre prononce au nom de l’Église, c’est-à-dire, de l’assemblée des fidèles assemblés. À cette prière qui les recueille toutes, chacun est invité à répondre « Amen », en signe d’approbation. Ce temps conjugué de prière personnelle en silence et de prière commune vocale nous fait expérimenter un aspect essentiel de la prière de l’Église dans la liturgie. Elle est une prière commune, qui dans ses mots, ses gestes, les attitudes qu’elle nous invite à vivre n’est pas une expression immédiate de ma prière personnelle, et en même temps, comme prière de toute l’assemblée, elle ne peut se vivre sans ma prière personnelle et qui en constitue la richesse. Sans ma prière personnelle, la prière liturgique devient comme un simple rituel froid et sans vie. Cependant, cette prière liturgique qui est une prière commune dans laquelle je suis appelé à entrer, m’éduque à la prière, m’invite à élargir ma prière à une dimension plus large, plus ample que celle qui exprime mes seuls sentiments, mes seules attentes, désirs ou besoins. Elle élargit et dilate ainsi mon cœur à la mesure de toute l’Église, qui veut elle-même, unie au Christ, embrasser toute l’humanité. Avec confiance laissons-nous éduquer par elle, pour présenter chaque dimanche et chaque jour une prière de plus en plus « une » avec celle que Jésus adresse continuellement à Son Père.

RITES D'ENTRÉE - 10 
La collecte -2ème partie- publié le 11/03/2022
La collecte - une des trois prières brèves qui jalonnent le déroulé de la messe, avec celle que nous disons sur les offrandes au début de la partie eucharistique de la messe et celle que nous disons avant la bénédiction finale – a souvent une structure relativement fixe. La plupart du temps, cette prière est très antique. Datant des Ve ou VIe siècles, souvent de la plume des papes Léon le Grand ou Grégoire le Grand, elle a été rédigée dans ces circonstances particulières de l’histoire des hommes (grands moments de joie ou d’épreuves) où l’Église a su présenter à Dieu une prière accordée aux vrais besoins des hommes et à la grâce que Dieu veut donner.
L’oraison exprimée en présence de Dieu se déroule ainsi : 1. Une invocation faite à Dieu. 2. Un considérant (motif actuel ou constant qui justifie la prière). 3. Une demande. 4. Un but ou une finalité. 5. Une conclusion.
Par exemple : collecte du 11ème dimanche du temps ordinaire : (1) Dieu, tout-puissant, force de ceux qui espèrent en toi, sois favorable à nos appels, (2) puisque l’homme est fragile et que sans toi il ne peut rien, (3) donne-nous toujours le secours de ta grâce, (4) ainsi nous pourrons en observant tes commandements vouloir et agir de manière à répondre à ton amour (5) par Jésus-Christ ton Fils, notre Seigneur, qui vit et règne avec toi dans l’unité du Saint-Esprit, Dieu, pour les siècles des siècles.
Soyons attentifs à bien écouter la collecte et à y adhérer d’un profond « Amen ». Elle nous aide à demander à Dieu les biens les meilleurs par lesquels Il peut vraiment combler nos vies.

LA PLACE DU SILENCE DANS LA LITURGIE  publié le 15/03/2022
En parlant de la collecte, nous avons signalé la présence d’un temps de silence. En effet, le silence a une place singulière dans la liturgie qu’il est important que nous comprenions. Avant d’être une action des hommes, la liturgie est l’œuvre de Dieu à laquelle Son peuple participe. Pour que l’homme puisse s’associer vraiment à cette action de Dieu, pour que toute son action, en paroles, en gestes, en chants, en rites, en attitudes diverses ne soit pas seulement une agitation, ne devienne pas du bruit, un simple divertissement, un spectacle, mais demeure l’écho de la Parole de Dieu et la juste réponse à Son action, le silence est essentiel et même indispensable. Ce silence qui entoure et pénètre toute la liturgie unit les cœurs ensemble et à Dieu Lui-même.

Le silence dans la liturgie a une richesse insoupçonnée. Il n’est pas la simple absence de bruits, de sons ou de paroles. Il se charge d’une signification et d’une valeur différente selon les moments de la messe : Avant le début de la messe, il est une préparation du cœur qui veut vivre cette eucharistie avec les yeux de la foi. Pendant le rite pénitentiel, il est un moment de vérité pour se placer dans la lumière de Dieu. Avant la prière d’ouverture, il est le temps de recueillement où je présente ma vie et ma prière personnelle que je veux joindre à la prière de tous et que le prêtre va rassembler en une seule prière. Après l’homélie, il est le moment d’un accueil favorable de la Parole et d’une décision pour se convertir. Entre chaque intention de la prière universelle, c’est l’instant favorable pour porter toutes les personnes pour lesquelles l’Église élève sa prière. Au moment de l’offertoire, il est un temps où je peux vraiment présenter et offrir ma vie au Seigneur sur Son autel. Au moment de la consécration, devant le Corps et le Sang élevés sous mes yeux, il est un moment intense de foi, de mise en présence avec Dieu, d’adoration aussi. Après la communion, il est le temps de la louange qui ne peut pas avoir assez de mots pour exprimer sa gratitude devant l’inouï du miracle de Dieu en nous. Parfois encore, avant de quitter l’Église après la bénédiction et le chant final, il est un dernier moment d’action de grâce et un temps de résolution pour repartir et vivre le temps qui se présente devant moi dans la présence constante de Dieu. N'ayons pas peur du silence, ne cherchons pas à l’éviter. Apprenons à ne pas le vivre passivement mais à l’investir avec toute notre personne pour vivre selon toute sa richesse et toutes ses harmoniques notre relation à Dieu dans la communion des frères.

LA PREMIÈRE LECTURE 
-1ère partie- publié le 01/04/2022
 
Après tous les rites d’entrée qui ont permis à un ensemble divers d’hommes et de femmes d’être constitué comme une seule communauté, vient le temps de la rencontre avec le Seigneur à travers Sa Parole.
À l’exception du temps pascal, la première lecture que nous entendons est toujours extraite de l’Ancien-Testament. Pour beaucoup de catholiques, hélas, cet Ancien Testament apparaît souvent comme incompréhensible et peu digne d’intérêt. Pour beaucoup, même, il semble inutile, puisque Jésus est venu. Alors seul demeure objet d’intérêt le Nouveau Testament et encore, souvent réduit à l’évangile. Or saint Paul nous rappelle que « toute l’Écriture est inspirée de Dieu et utile ». Jésus lui-même nous dit qu’« il n’est pas venu abolir la loi ou les prophètes mais accomplir ». À sa résurrection, il ouvrira ses disciples à la compréhension de son mystère en reliant sa propre personne et sa propre histoire à l’ensemble des Écritures. Jésus, sa chair et son histoire sont l’interprétation des Écritures, qui prennent toute leur consistance et vérité en Lui. Les Écritures et toute l’histoire sainte sont la diffraction du mystère du Christ qui devient illisible sans elles (à suivre).

LA PREMIÈRE LECTURE 
-2ème partie- publié le 08/04/2022
 
Le dessein de salut de Dieu est unique et dans toute l’histoire, c’est le même et unique Dieu qui agit. Aucune des étapes de l’histoire du salut ne doit être négligée car elles conduisent toutes vers Jésus-Christ, et pour aller à lui nous devons nous aussi parcourir à nouveau ce trajet. Jésus, lors de sa transfiguration, à un moment qu’on pourrait qualifier de maximal dans la révélation de son identité, est entouré de Moïse et Élie. Le Christ est donc inconnaissable hors de l’histoire sainte. Comme le dit saint Augustin, « le nouveau testament est contenu et caché dans l’ancien et l’ancien est révélé et manifesté dans le nouveau. » Chaque figure de l’Ancien Testament demeure incomplète en elle-même, mais dans un vis-à-vis de figures parfois inconciliables entre elles, apparaît pour nous le visage véritable de Dieu, la profondeur de son mystère. Le Christ est ainsi à la fois le Fils de l’homme de Daniel, et le nouveau Moïse, le nouvel Élisée et le nouveau Josué, le véritable David et le vrai et définitif Salomon, roi de paix. Il est le messie et le serviteur souffrant. Ignorer les Écritures, c’est-à-dire l’histoire sainte et l’Ancien Testament, revient à ignorer le Christ. Cette Parole de Dieu en son premier Testament n’est pas seulement une histoire passée et dépassée, c’est aussi notre histoire, et si en elle se découvre pour nous l’insondable richesse du Christ qui l’assume et l’accomplit, en elle est tracée également le chemin de notre rencontre possible avec Dieu. Entrer dans l’histoire sainte, c’est rendre possible notre propre rencontre avec le Dieu vivant dans notre propre histoire. Soyons donc attentifs et curieux, persévérants, patients et plus ambitieux dans notre écoute de l’Ancien Testament, qui est pour nous aujourd’hui, dans sa proclamation liturgique à chaque messe, la Parole de salut.

LE PSAUME 
-1ère partie- publié le 15/04/2022
 
Le temps de rencontre avec Dieu dans sa Parole n’est pas le moment d’un simple monologue divin adressée à une assemblée à l’écoute passive. Dieu parle et se donne dans Sa Parole, pour engager un véritable dialogue avec l’homme appelé à Lui répondre, non pas seulement par la bouche mais par toute sa vie. Au cœur de ce temps consacré à la Parole de Dieu se trouve le psaume. 
De tous les extraits entendus de la Parole, il est la plupart du temps celui que les fidèles comprennent le moins. Pour eux, il n’est souvent qu’un chant, qu’un intermède musical au milieu des lectures. Or le psaume est en fait riche d’une signification très profonde. Il est une prière, c’est-à-dire une parole humaine de réponse à Dieu qui le premier a parlé. Il est aussi Parole de Dieu comme toutes les autres lectures. Par le psaume, dans sa bonté, Dieu nous donne ses mots, Il met lui-même sur nos lèvres les mots qui conviennent pour répondre à Sa Parole. De même qu’un enfant, pour pouvoir parler apprend sur les lèvres de sa mère à répéter les mots qu’il entend, de même, le peuple croyant reçoit de la bouche de Dieu, les mots qu’il peut faire siens pour Lui adresser une prière qui soit accordée au dialogue que Dieu veut établir avec lui. Si nous cherchons ce qu’il nous faut comprendre et retenir de la Parole de Dieu à la messe, si nous cherchons la réponse existentielle que Dieu attend de nous, écoutons et prions alors avec cœur le psaume. (à suivre)

LE PSAUME 
-2ème partie- publié le 22/04/2022
 
Si nous voulons comprendre à la messe comment il nous faut accueillir la Parole de Dieu et quelle réponse libre et aimante Dieu attend de Ses enfants, il nous faut prendre part attentivement et avec cœur au chant du psaume.
 La grande richesse des psaumes tient aussi au fait que chacun d’entre eux correspond à une prière exprimée dans un contexte unique de la vie de l’homme priant : avant, pendant ou après une épreuve, sur la route, à la maison ou au temple, concernant la vie familiale ou sociale, dans la joie reconnaissante d’un temps de grâce, ou dans la peur ou la tristesse, dans l’élan du cœur ou dans la lassitude de l’âme… 
Cette Parole de Dieu est ainsi toute tissée de ce qui fait la vie des hommes et peut alors avec force devenir pour notre propre vie une prière efficace. Jésus lui-même, qui a assumé tout ce qui fait notre condition humaine a repris et porté à son accomplissement le sens de la prière des psaumes. Il suffit de reprendre le psaume 22 (21) que Jésus reprend sur la croix pour comprendre que c’est de Lui dont il est question dans cette prière qui Le précède pourtant de plusieurs siècles. Grâce aux psaumes, nous pouvons ainsi goûter intérieurement chaque dimanche que les mystères de la vie du Christ concernent la nôtre et que ce que nous pouvons vivre chaque jour est porté par ce que Jésus a vécu. Avec les psaumes la prière de Jésus devient notre prière et notre prière devient celle de Jésus.

DEUXIÈME LECTURE : LES ÉPÎTRES DE PAUL 
- La dimension communautaire et ecclésiale de la Parole (1)- publié le 6/05/2022
 
La plupart du temps, la seconde lecture du dimanche est empruntée aux épîtres de saint Paul.
 Tandis que les fidèles arrivent parfois à faire un lien naturel entre la première lecture et l’Évangile, le sens, le contenu des lettres de saint Paul leur échappent souvent pour une bonne part. Ils sont nombreux à trouver difficile la compréhension de ces lettres. Leur rhétorique pourtant très fine ne passe pas. Les mots employés semblent abscons. Son langage paraît hermétique. Les grandes réflexions théologiques qu’il développe sont compliquées d’accès. 
Pourtant, saint Paul n’est pas un rêveur abstrait. Ses lettres ne sont pas des traités intemporels mais toujours des réponses précises apportées à des faits vécus par les communautés chrétiennes. Tant d’indications pratiques renvoyant à des personnes, des moments, des événements de la vie quotidienne des communautés en témoignent. Le génie de saint Paul consiste précisément à passer continuellement du fait divers à la réalité du salut dans le Christ et à la communion avec les personnes divines.

DEUXIÈME LECTURE : LES ÉPÎTRES DE PAUL 
- La dimension communautaire et ecclésiale de la Parole (2)- publié le 13/05/2022
 
Écouter saint Paul ne nous fait pas sortir de notre existence et de notre vie avec ses obligations, mais les insère et les récapitule dans le mystère du Christ. Paul nous offre la grâce de retrouver le poids de gloire que contient notre existence en toutes ses dimensions concrètes et pratiques. Paul permet de redonner à notre vie humaine son axe véritable, sa perspective juste, qui est toute divine.
 Saint Paul, c’est tout ensemble l’action de grâce pour le salut expérimentée en Jésus, c’est la louange et l’adoration devant la grandeur du mystère de Dieu et de son salut, c’est l’invitation radicale à la conversion pour vivre en accord avec le salut reçu, c’est la mise en perspective de toute notre vie humaine, personnelle, sociale, politique et cosmique en regard du mystère du Verbe incarné, mort et ressuscité (« Pour moi, vivre c’est le Christ »), c’est l’appel à nous élancer avec toujours plus d’ardeur pour saisir et nous laisser saisir par la lumière qui vient d’une relation intime avec le Christ devant s’épanouir dans le Ciel. 
Paul est une torche enflammée prête à embraser le cœur et l’esprit de quiconque voudra bien accueillir son amour contagieux du Christ et de l’Église. En étant attentif, on peut puiser chez Paul mille et un versets capables de nourrir notre attachement à Jésus