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Dourdan : l'homélie

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Homélie Journée Paroissiale Dourdan – 27 mai 2018

 

Oser la rencontre


Sans rencontre, aucun de nous ne serait aujourd’hui présent dans cette église. C’est la rencontre de nos parents qui est à l’origine de notre existence. Mais avant tout, c’est la rencontre de Dieu avec notre humanité en Jésus-Christ qui nous rassemble aujourd’hui. Sans rencontre, il n’y a pas de croissance, sans rencontre, il n’y a pas de fécondité, pas de vie. Mais surtout, sans rencontre, il n’y a pas de joie.
Dans cette journée paroissiale, nous avons voulu vivre l’expérience de la joie de la rencontre. Nous avons suivi Marie et Elisabeth, dont la rencontre témoigne d’un climat de joie extraordinaire : « l’enfant a tressailli d’allégresse », « mon âme exalte le Seigneur », « mon esprit exulte »… A notre tour, nous avons osé la rencontre pour vivre la joie.

Comme Marie, a quitté Nazareth pour aller rejoindre Elisabeth dans les montagnes de Judée, la rencontre suppose un déplacement, un décentrement. Il faut accepter de sortir de son cadre, de ses habitudes. Il faut consentir à aller au-delà de nos cercles d’amis de nos propres connaissances, de faire le pari de la rencontre, de prendre le risque de la rencontre. Il est toujours plus confortable de rester avec des gens que l’on connaît, qui pensent comme nous, qui vivent comme nous, mais Jésus, dans l’Evangile nous invite au contraire à aller dans toutes les Nations, à oser la rencontre pour porter la Bonne Nouvelle du Salut. Il a lui-même consenti à prendre ce risque de venir à la rencontre de tout homme en partageant notre humanité. Rencontrer l’autre constitue le chemin nécessaire pour aller à la rencontre du Tout-Autre, du Dieu infiniment proche, mais aussi infiniment différent. Dieu se révèle et nous parle à travers nos rencontres de la vie quotidienne. Toute rencontre suppose d’être en vérité, tel que nous sommes, sans porter de masque, sans jouer un rôle, sans s’abriter derrière une fonction sans quoi il n’y a pas de rencontre possible en vérité. Chaque rencontre nous permet aussi de découvrir toujours plus qui nous sommes. Il n’est pas toujours facile de nous laisser rencontrer, de nous laisser déranger, et le Seigneur nous fera toujours signe au moment où nous ne l’avons pas prévu. Il est venu à notre rencontre comme un petit enfant dans la fragilité et la simplicité. Il s’est fait le serviteur de tous pour n’en laisser aucun. Rencontrer suppose aussi de porter un regard bienveillant, comme le Seigneur regarde chacun d’entre nous. Sortir de nos préjugés, de nos a priori, de nos images toutes faites pour vraiment découvrir l’autre dans toute sa richesse. Il est si facile de formuler des jugements, de classer les personnes selon leur origine ou leur apparence que nous risquons de passer à côté de trésors véritables. La joie de la rencontre vient aussi de notre capacité à nous émerveiller, comme Marie et Elisabeth, de considérer que l’autre porte un trésor que nous pouvons découvrir : son histoire, ses projets, ses rêves, ce qu’il espère. Il faut savoir écouter, accueillir simplement en considérant que toute personne a quelque chose à m’apporter. Si je ne suis pas capable d’écouter et de recevoir, je ne serai pas en mesure de parler, de donner, de partager. Partager la Bonne Nouvelle du Salut suppose aussi de savoir accueillir de la part de toute personne pour laquelle le Seigneur a donné sa vie. Le plus grand obstacle à la rencontre avec les autres et avec Dieu vient de notre propre orgueil.
Enfin, la rencontre nous donne envie d’aller plus loin car il faut prendre le temps de cheminer comme nous l’avons fait ce matin pour découvrir peu à peu qui est l’autre. « Marie demeura chez Elisabeth environ trois mois », nous rappelle le récit de la Visitation. Marcher ensemble est essentiel, car personne ne doit être laissé sur le bord du chemin. Dans la société, il est question de compétition et de concurrence. Dans la logique du Royaume de Dieu, tout l’enjeu consiste à vivre en communion.

Dans l’évangile, Jésus invite ses disciples à venir le rencontrer en Galilée. Ils doivent se rendre dans leur milieu de vie. Notre Galilée, c’est notre école, notre famille, notre lieu de travail, nos paroisses, le marché, les transports... Là où chaque jour, nous avons l’occasion de faire des rencontres simples de gens connus ou inconnus et vers lesquels le Seigneur nous envoie aujourd’hui.
Au moment où Jésus ressuscité retrouve ses disciples « certains eurent des doutes » nous rapporte l’Évangile. Jésus sait bien ce qu’il y a dans leur cœur, leurs limites, leurs questions, mais il ne leur reproche rien comme il a pu le faire un certain nombre de fois en les qualifiant « d’hommes de peu de foi ». Au contraire, il les envoie : « Allez ! de toutes les nations faites des disciples ». Une foi qui ne se partage pas finit par s’éteindre et le meilleur moyen d’affermir sa foi est d’en témoigner à l’occasion de nos rencontres. Nous sommes alors confrontés à d’autres questions à d’autres interrogations et qui nous conduisent à approfondir ce en quoi nous croyons. Nous ne pouvons pas nous contenter de réponses toutes faites ou de leçons apprises par cœur, il nous faut savoir chercher, questionner pour partager en vérité.
Comme pour toute rencontre, la foi ne peut se partager que si nous savons écouter. L’Évangélisation n’est autre que le partage d’une joie profonde : celle d’avoir rencontré Jésus-Christ, de se savoir aimé, sauvé et pardonné. Comme chrétien, nous portons en nous ce trésor que Jésus nous a confié et il compte sur nous pour le partager, pour aller à la rencontre de nos contemporains afin de leur permettre de découvrir cette joie profonde d’être enfant de Dieu et frère de Jésus. N’attendons pas d’avoir une foi parfaite ou une vie irréprochable pour témoigner, car c’est dans le témoignage même que notre vie se trouvera transformée et notre foi affermie.
Enfin, comme il le souligne à ses disciples, Jésus est avec eux jusqu’à la fin du monde. Il les précède dans toutes les rencontres qu’ils feront. Lorsque nous témoignons de Jésus autour de nous, Jésus est déjà venu visiter le cœur de notre interlocuteur, nous n’avons rien à craindre. Sans doute rencontrerons-nous de l’indifférence et parfois de l’hostilité ; mais aussi et surtout, nous ferons l’expérience de la joie de partager notre foi. Évangéliser, c’est vraiment faire l’expérience de la joie de la rencontre.

Après cette journée, nous allons rentrer chez nous avec la joie dans le cœur et le souvenir des rencontres que nous aurons pu vivre. A celles et ceux qui n’ont pas pu vivre cette journée, nous avons la mission de partager cette joie, non pas tant en disant : « dommage de ne pas avoir été avec nous », mais plutôt bien : « cette joie que j’ai vécue, je veux la partager avec toi pour la faire grandir et la répandre ». Confions au Seigneur nos paroisses pour que, au-delà de cette journée, chacun ose la rencontre pour partager sa foi et répandre la joie.

P. Olivier LEBOUTEUX